Les autres, ils disent comme ça...

Les autres, ils disent comme ça...
Avant, ils avaient des pigeons voyageurs. Maintenant, on a les téléphones portables...



A Rorow, le 22/06/08 à 23:18:59
GYAH! Moustique! *se défend à coups de crucifix dans sa gueule* Ils m'en veulent tous T.T

A plein de Monde, le 25/06/08 à 23:18:34
J'ai un tube de pastilles pour la gorge dans la poche, dans la main droite un vaporisateur d'huile essentielle pour dégager les sinus, et coincé entre les dents un cachet pour le rhume qui attend que jtrouve une bouteille pour l'avaler. Et j'entends un moustique. Je me croirais en guerre. J'espère survivre.


D'Anne-So, le 25/06/08 à 23:19
Mdr et tu l'tiens comment le portable? T'as plus qu'à dégoupiller le vaporisateur xD



De Rorow, le 25/08/08 à 23:21
Putain =-s pas cool. Jsuis avec toi! Courage! Bisoux <3



A Anne-So, le 25/06/08 à 23:41:28
La main gauche, tu connais? Non mais chui sauvée j'ai ma super moustiquaire rose! Bonne nuit! Bisoux


A Rorow, le 25/06/08 à 23:45:48
J'ai cette... citronnelle! Et je n'hésiterai pas à m'en servir! Ahem. Fais d'beaux rêves.


De Rorow, le 25/06/08 à 23:46
Lol oué mais ça marche pas top la citronnelle, à moins d'être à bout portant et de bien viser. Toi aussi dors bien biz



A Rorow, le 25/06/08 à 23:51:25
Tant pis, repli derrière la moustiquaire! Ils m'auront pas si facilement, je vendrai chèrement ma peau (et mon sang)! *érige des barricades, dégoupille les grenades* Bisoux


De Rorow, le 25/06/08 à 23:52
Mdr. Debout la dedans! C'est la guerre! Sortez les vapos et les tapettes! On va les exterminer! A l'attaque! -_- (<~Parce que lui aussi il a honte)



D'Anne-So, le 25/06/08 à 23:56
Repose toi bien mon héros! Jt'aime



A plein de Monde, le 25/06/08 à 23:57:01
*commence à tousser à cause de l'excès d'huile essentielle* Ah je savais pas que ça piquait la gorge en plus des yeux V.V *en mode soldat tombé pour le pays*


De Rorow, le 25/06/08 à 23:58
Même nos propres armes sont contre nous. Mais où va le monde? Bonne guerre soldat. Bizoux



De Douceur, le 25/06/08 à 23:58
Douceur T.T Tu veux quelle fleur sur ta tombe, entre les pages du Best of des poètes? Et je joue quel morceau de Tiersen pour ton dernier hommage?



A Anne-so, le 26/06/08 à 00:01:25
Dis, tu fera un film sur ma vie parfaitement affligea...euh, palpitante? Ca serait une oeuvre commémorative de tout ce que j'ai apporté au monde! Genre... euh?


De Anne-so, le 26/06/08 à 00:02
Genre Aïklando, tes écrits, tes idées, tes délires? Oui, avec Chaton



A ma Douce, le 26/06/08 à 00:07:49
Un descendant de Jojo sur ma tombe... Et choisi le morceau mais oublie pas Radiohead tout de même. Je t'aimais tu sais T.T Adieu ma Tendre, prend soin des palheuhf'


De ma Douce, le 26/06/08 à 00:08
T'inquiète pas, je mettrai tes écouteurs sur la pierre tombale et viendrai recharger le mp3 souvent. Et puis j'accrocherai mon hamac tout près pour y ronronner



De Lucas, le 26/06/08 à 3:02
Roh ma belle, t'as l'air bien malade, apparemment tu te soignes mais bon, prend soin de toi quand même hein! T'imaginer comme ça c'est assez rigolo je dois dire huhu, désolé de suis sadique.



De Phaco, le 26/06/08 à 7:01
Woa c'est le Vietnam là! Jt'envoie des ondes angéliques pour t'aider alors survis! Omia



De Tara, le 26/06/08 à 16:26
^^ Jini, chère Jini... Ici il ne fait pas vraiment beau, mais ton message a réussi à rattraper le couo =) Et maintenant, je souris. Je t'aime tant.





Donc vous voyez, c'est pas ma faute, c'est eux qui sont barges.

[Juste parce que des fois j'ai besoin dme faire voir qu'ya des gens qui m'aiment]

Ps: Oui, je sais que les couleurs sont ignobles =D




[...And it's all?]

# Posté le mercredi 13 août 2008 17:43

Modifié le lundi 06 octobre 2008 06:13

Il fera beau, je le sais bien, je me sentirai seule et bien.

Il fera beau, je le sais bien, je me sentirai seule et bien.
Première fois que je me sens si peu motivée pour ce départ... Quelque chose ne doit pas aller chez moi. Mais je sais que la mer me fera tout oublier. Après tout ce n'est pas pour rien que c'est mon troisième chez moi... Le voyage de demain soir déjà, il devrait m'apaiser. J'ai toujours aimé ce moment réduit à de la pensée pure, c'est reposant, apaisant. Je ne dors pas, le plus souvent, je préfère profiter du temps où je ne suis personne et nul part, j'ai beau être l'ombre de la femme invisible, ce n'est pas si souvent que ça arrive. Je me souviens encore si bien de certains de ces trajets. Je me rappelle de tous les préparatifs, le moment du départ, tellement penchée au dessus de la faille, quand tout le village, aussi petit soit-il, vient nous dire aurevoir et nous guider pour qu'on évite de rayer la caravane, je me souviens d'un apéritif pris juste avant de partir avec des cousins de Guadeloupe qu'on ne voit presque plus. Y a des années, quand mon frère venait avec mon cousin, avant qu'ils ne se disputent. Je me souviens d'Eric que j'obligeais à raconter des blagues durant tout le trajet. Je me souviens de la vieille portion de route, en allant vers Allanche, qui était si bossue qu'avec la caravane ça donnait des accoups qui nous faisaient faire des bonds dans la voiture. Maintenant ils sont entrain de la refaire. Je vois encore les ciels striaient d'étoiles derrière les carreaux. Je me souviens de la grosse usine qui fait du charbon, avec ses immenses cheminées qui crachaient dans le ciel des torrents de flammes. Je me souviens du petit pont inquiétant, tout juste assez large pour que l'on passe, c'était un raccourci pour éviter les bouchons qu'un couple d'automobilistes nous avait indiqué. Je me souviens comme, presque arrivés au but, on aperçoit les lasers et les faisceaux lumineux au dessus de Marseillan-Plage, et en s'approchant encore, la grande roue du parc d'attractions.

Je me demande d'où me vient ce découragement. S'il n'était pas aussi général, je m'inquiéterai sans doute plus. C'est peut-etre la certitude de ne retrouver personne, pas d'ami qui m'attend là-bas, comme j'ai pu le croire les dernières années.

Ca me fait drôle d'écrire cette article. Je repense à celui que j'avais écrit l'an dernier, et j'ai l'impression de repasser toujours par les mêmes étapes, c'est assez rassurant et à la fois un peu frustrant. Mais je crois que ça me fait du bien, je me vois grandir.



En tout cas prenez soin de vous, et n'oubliez pas, regardez vous grandir...



[...And it's all?]

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 14:35

Modifié le lundi 06 octobre 2008 06:13

Les Intemporels

Les Intemporels
L'Appartement de Noir Désir [.Fatal.]

___________________________________________________________L'indécision de Da Silva [.Lunatique.]

_____________________________J'envoie Valser de Zazie [.Tendresse.]

(What's So Funny 'Bout) Peace Love And Understanding de A Perfect Circle [.Fatalité.]

Mimétisme de la Guinguette à Vapeur [.Société.]

___________________________________________A Wolf at the Door de Radiohead [.Détresse.]

________Le Bouillon des Wriggles[.Lassitude.]

_______________________________________________Two against the world de Rose Mcgowan [.Ensemble.]

_______________________________________________________English Man in New York de Police [.Amitié.]

Coccinelle de Rodrigue [.Choix.]

____________________Au Conditionnel de Matmatah [.Nouille.]

Les hommes que j'aime de La Rue Kétanou [.Vous.]

_______________________________________Missed me des Dresden Dolls

_____________________________________________________________Mistral Gagnant de Renaud [.Futilités.]

Ces gens-là de Jacques Brel [.Humains.]

_____________________________________________Les Goémons de Gainsbourg/Noof [.Poésie.]

______________________Feint d'Epica

L'autre Bout du Monde d'Emilie Loizeau [.Rêve.]

________________________________________________Bullet Proof... I wish I was de Radiohead [.Immortalité.]

_______________Comme s'il en pleuvait de Debout sur le Zinc [.Pessimisme.]

______________________________________________________________Lullaby de Jack Johnson [.Douceur.]

Petit Bonhomme des Wriggles [.Culpabilité.]

________________________________A ton Etoile de Noir Désir avec arrangement de Yann Tiersen [.Refuge.]

_______________________________Arrache-moi de Louise Attack [.Peur.]

_______________La Rose et le Lila de Mes Souliers sont Rouges (et Sur l'Eau aussi) [.Fierté.]

Lucie d'Obispo [.Carpe Diem.]

________________________________________________________Life in a Glass House de Radiohead [.Besoin.]

_________________________________________________________You Cut Her Hair de Tom McRae

___________Sorry Seems to be the hardest word d'Elton John [.Acceptation.]

1816 the year without a summer de Rasputina [.Crash.]

_____________________________________________La Fiancée de l'Eau de la Rue Kétanou [.Aveugle.]

A quoi pense-t-elle des Ongles Noirs [.Regret.]

_________________________________________Sweet and tender hooligan de Nouvelle Vague [.Confiance.]

U Mojej Matecki de Warsaw Village Band [.Grâce.]

__________________________________La Lune d'Arthur H [.Folie.]

Juste avant que je des Wriggles [.Amour.]

_______________________________________________________São loucas de La Rue Kétanou [.Absence.]

Jimmy de Moriarty

_________________________________Le Monologue de la plume de Rodrigue [.Ecriture.]



A force de se frotter à la vie, certains chansons finissent par posséder leur propre couleur...
Celle de la mer, de la pluie, celle de l'amer aussi.



[...And it's all?]

# Posté le lundi 14 juillet 2008 16:58

Modifié le lundi 06 octobre 2008 06:12

Sans eux pour que tu ne sois pas sans moi (ou: "le titre à l'eau de rose")

Sans eux pour que tu ne sois pas sans moi (ou: "le titre à l'eau de rose")
Sous mes paupières closes roule la Foule, les bras tendues en avant, impatiente, violente, attisant de coups la distance érigée. Cette machine implacable avance, sans réflexion, à savoir seulement ce qu'elle veut, ce qu'il lui faut, toujours plus de substance, comme une plante qui s'étend pour gagner l'eau et la lumière. Mon silence est une crise de tétanie, de peur et de frustration.
L'homme est un loup pour l'homme. Mais la multitude est sa mâchoire de fer, chaque individu une dent prête à entamer la première résistance trouvée, une canine limée pour percer les rebellions fragiles. Mille regards m'empalent, mille pieds frappent les dalles, mille mains tentent de m'arracher à mon exil. Rien n'est plus féroce que la force attractive qui laisse les c½urs graviter autour de ce pôle d'uniformité, rien n'est plus effroyablement enjôleur. C'est une veuve noire qui susurre contre mon oreille, les menaces ressemblent à des déclarations languissantes une fois prononcées par ses lèvres létales.
La foule fume, gorge écorchée qui se tend pour m'embrasser et cette brume grince quand elle parvient à m'habiter. La douceur âcre m'anesthésie, les bras me portent, me bercent. C'est la torpeur et l'apaisement de l'océan, balancement sans parole et sans but, sentiments imprononcés qui se contentent d'affleurer à la limite de la conscience comme des rochers sous l'écume. Les yeux levés au ciel, je suis portée, il n'y a rien d'humain où je vais, c'est un refuge. La mer où je ne suis personne, la mer où mon naufrage consiste à m'oublier, la mer où...
La nausée quand l'idée facile se coule en moi. Des visages connus qui sont devenus des miroirs, des duplicatas. Il serait si doux de les rejoindre, se muer en fantôme, en ombre de la société. Couler à pique jusqu'à ce que la marée ait absolue mes différences, rongeant les pics, comblant les aspérités. Jusqu'à ce que je deviennes un galet lisse. Ca ne serait pas long. Après tout, mes traits ne sont pas si loin de ce que l'on attend, je pourrais être de la chair à canon jetée dans le moule.

Je m'arrache à ce confort qui m'endort et me mord par les entrailles comme un nourrisson se déchire pour naître. Je chute, je pleure, je crie, mon bonheur est une souffrance lorsque je ne sens plus leurs doigts sur ma peau. Que suis-je censée faire si, consciente de l'horreur de la situation, cette bêtise m'enchante? Certains otages prennent en affection leur geôlier. Une bonne gifle suffirait-elle à raviver leur raison? Si c'est le cas, frappe-moi, de toutes tes forces, car je sens que la menace me tente, crache-moi à la figure que je ne suis qu'une lâche, que tu m'envoie au diable si je fais ça, que jm'y condamne moi même, arrache mes cheveux pour me faire savoir que tu me déshérite de tout ce que je n'ai jamais eu, griffe-moi et compte jusqu'à cent, compte jusqu'à sang...

[1...] Jusqu'à présent, qu'ai- [2...] je fais pour me [3...] soustraire à ce magnétisme [4...]? Je me suis [5...] contentée de [6...] rester à l'écart, mais [7...] jamais suffisamment [8...]loin pour [9...] perdre de [10...] vue ce nuage [11...] confus d'humains[12...]. Il fallait que je puisse [13...] revenir en arrière. C'était [14...] rassurant de les voir [15...] encore, sur l'horizon, si [16...] pathétiques, et puis, [17...] ça me motivait à devenir [18...] autre chose, j'arrivais encore à [19...] me glorifier en me disant "tu n'es pas comme [20...] eux, c'est rare d'être différent". [21...] Ca me poussait en [22...] avant mais en [23...] même temps [24...] je savais que si j'avais des [25...] regrets, si je me rendais compte d'une [26...] erreur, je pouvais toujours m'arrêter et [27...]attendre que la Horde me rattrape. Mais maintenant [28...] je sens qu'il va falloir arrêter de [29...] regarder en arrière, à quoi bon reculer [30...] pour mieux sauter? Je le sais comme [31...] si mes yeux me le montraient: il faut fuir avant [32...] d'être noyé. Plus d'alternative, plus de [33...]moyen de fuir. C'est un mal [34...] nécessaire, un bien peut-être même, avant qu'ils ne me perdent, avant qu'ils ne me [35...] trouvent. Il faut couper le [36...] lien ombilical, trancher le fil, s'entailler les chairs si nécessaire, [37...] tout pour ne plus se sentir contaminée par le poison qu'ils diffusent.

Et c'est à [38...] travers moi que tu pars en courant. Toi, mon Autre. [39...] Tu sais que si je sombre, ce serait une [40...] perte d'identité, un [41...] effacement au profit de l'indéfini. Ce serait [42...] comme s'encastrer dans un [43...] mur à 200km/h, le crépis, la chair, la [44...] ferraille et les os [45...]offerts dans un ensemble [46...]indissociable. Que te resterait-il [47...] alors pour faire [48...] barrage à cet autre monstre qui [49...]rode? [50...] Je suis la dernière limite, l'ultime [51...] frontière, la seule porte qui n'a pas été défoncée [52...] devant la Solitude qui te guette. Que feras-tu lorsque la barrière sera [53...] tombée? Je sais bien que c'est une brindille [54...]contre le vent, une épée en bois, mais tant que ce [55...] détail persiste, je ne [56...] suis pas n'importe [57...]qui et tu n'es pas [58...]personne.

Alors pour qui dois-je me battre? La [59...] terreur palpite dans mes tempes, elle me [60...]renverse comme elle te [61...] ravage. Me [62...] laisser avaler par la masse me ferait trop de [63...] mal, ça te donnerait raison. Tu pourrais [64...] enfin m'envoyer cette phrase [65...] prophétique que tu [66...] attends de pouvoir balancer [67...]depuis si longtemps: "tu vois, je te l'avais [68...] bien dit!". Avec ton air défaitiste qui [69...] cacherait mal ta [70...] déception. Ca serait le [71...] seul moment où une [72...] partie de toi crierait, avouerait enfin que tu avais cru [73...] en moi. Ne serait-ce qu'un [74...] peu. Mais de toute manière, quelle [75...] importance puisque ce [76...] dernier espoir que tu avais si bien [77...]masqué venait d'être [78...] plombé en plein ciel? Je le [79...] devine par avance, le ton que tu [80...] emprunterais, un peu méprisant et pitoyable, je le [81...] détesterais, comme j'ai haïe toutes les discussions où tu [82...] promettais que je te trahirai. Il ne me [83...] reste qu'une chose à [84...] faire pour fermer ton caquet: balancer [85...] quelques [86...] cailloux à la face hirsute de la [87...] bête, prendre ta [88...] main et nous [89...] barrer de cette faute de [90...] frappe. Tu [91...] pourra bien te débattre et [92...] m'insulter. Je [93...] ne te ferai pas le [94...] plaisir de prendre [95...]peur et de me [96...] cacher derrière tes [97...] débats.

Nous prendrons la [98...] route, la mer. Le [99...] ciel s'il le faut. Jusqu'à ce que la foule [100...] disparaisse derrière l'horizon de mes [Sang...] cils fermés.


[...And it's all?]

# Posté le mardi 08 juillet 2008 16:53

Modifié le lundi 06 octobre 2008 06:07

Ecriture d'invention.

Ecriture d'invention.
Sujet: A la manière de Diderot, montez un dialogue qui mettra en scène deux personnages échangeant sur la notion de bonheur.

***
[Dans un parc, assis sur un banc, une homme remâche ses préoccupations jusqu'à ce qu'un nouvel arrivant prenne place à côté de lui. Après un temps de silence, ce dernier se décide à entamer la conversation, malgré l'air sombre de l'Autre.]

L'Un: C'est une belle journée pour prendre l'air!
L'Autre: La beauté est une chose subjective, et si beauté il y a, elle ne sait point me charmer.
L'Un: En effet, et comment le pourrait-elle? Une femme peut-elle prétendre séduire un homme quand celui-ci regarde dans la direction opposée où elle se trouve, tout en se bouchant les oreilles? Au dessus de nos têtes, le ciel alangui se pâme sous un soleil blanc et vous regardez vos pieds. Les belles choses -qui font nos bonheurs- ne nous cherchent pas; elles sont simplement là et c'est à nous de savoir s'en délecter.
L'Autre: C'est absurde, s'il suffisait de cela pour rendre heureux un homme, alors les utopies les plus folles seraient atteintes, le malheur n'existerait plus. Hormis les jours de pluie peut-être!
L'Un: Pourtant, je ne suis pas le premier à affirmer que le bonheur dépend des petites choses. Ne trouvez vous pas qu'un ciel d'été attise le bonheur?
L'Autre: Pour attiser une chose, ne faut-il pas déjà quelques braises?
L'Un: Je suppose que votre cheminée doit se porter à ravir, mais je ne dirais pas la même chose pour votre coeur. Depuis combien de temps n'avez-vous pas souris?
L'Autre: Vous êtes docteur?
L'Un: Non, mais pour ce genre de maladie, je pourrais l'être.
L'Autre: Et de quoi suis-je donc entrain de souffrir?
L'Un: Cécité de l'âme. Mais on en guérit vite, avec de la bonne volonté et en suivant le traitement. Vous n'avez qu'à sourire matin, midi et soir, hausser un peu les épaules. Ces médicaments régleront ce qu'il y a à régler. Un certain médecin de l'esprit, nommé Alain, donnait cela à tous ses malades et on en dit grand bien.
L'Autre: Vous me conseillez donc de ne rien faire?
L'Un: C'est plus compliqué qu'il n'y parait. Beaucoup essaient toute une vie sans jamais y arriver.
L'Autre: Perdre son temps pour rien, c'est cela votre recette du bonheur?
L'Un: Rien, c'est déjà quelque chose. Ne rien faire, c'est se débarrasser de ses préoccupations, ne penser qu'à l'instant. Profiter.
L'Autre: J'ai devant moi la réincarnation humaine de la Cigale de la Fontaine. Allons bon. Et que comptez vous faire quand l'hiver arrivera?
L'Un: Après le ciel bleu, je regarderai sans doute la neige tomber.
L'Autre: Mais cela ne vous servira à rien! Vous feriez mieux de travailler!
L'Un: Pour quoi faire?
L'Autre: Gagner de l'argent!
L'Un: Et à quoi cela me servirait?
L'Autre: A acheter des choses!
L'Un: Et dans quel but?
L'Autre: Vivre!
L'Un: Car je dois acheter pour vivre, pour que mon coeur batte? Je me souviens qu'un de mes élèves, très brillant en poésie, prétendait qu'être un homme utile lui paraissait fort ennuyeux. De nos jours, nous avons tellement de liberté, tellement de choix qu'ils finissent par nous enchainer! A force, on ne sait plus que choisir: on veut tout. Alors on se bat pour tout avoir. Moi je choisis la possibilité de ne pas choisir, je ne prend rien. Ca me suffit.
Il faut être heureux de ce que l'on possède et ne pas convoiter le bonheur procuré par ce que l'on n'a pas.
L'Autre: Vous êtes un curieux personnage.
L'Un: Je vous intrigue? C'est bien. Vous passez donc de l'état soucieux à l'état étonné. Et si vous avez une bonne surprise, il sera d'autant plus facile de devenir heureux.
L'Autre: Mais le bonheur ne dépend pas de ce genre d'états fugaces! C'est l'inverse! Ce sont les états qui viennent suivant la situation. Si un malheur vous arrive, il en écoule un état de tristesse.
L'Un: Mais si vous êtes dans ce même état de tristesse, est-ce que tout ne vous semblera pas sombre? Faut-il attendre que quelque chose de merveilleux vous arrive pour vous sortir de cet état déplorable? Pour ma part; je crois qu'il faut forcer les choses, sinon on se retrouve à délaisser un magnifique ciel bleu!
L'Autre: Vous accordez beaucoup d'importance à des choses insignifiantes. La quête du bonheur ne devrait pas se délester des futilités pour se concentrer sur l'essentiel?
L'Un: Et l'essentiel c'est de vivre, se sentir bien. Et voir les gens autour de soi aussi heureux qu'on l'est! D'ailleurs, en vous voyant tout à l'heure, je me suis dit: "avec son air malheureux, il me gâche mon bonheur, allons donc le rendre heureux!". C'est sans doute plus pour moi que pour vous que j'ai agit, mais si mon egoisme nous arrange tout deux, alors j'ose dire que c'est merveilleux.
L'Autre: Mais vous ne m'avez pas rendu heureux!
L'Un: Ah non? Pourtant, vous parlez.
L'Autre: Je ne vois pas le rapport.
L'Un: Si vous n'étiez pas intéressé, vous ne discuteriez pas. Vous êtes sorti de la passivité butée et râleuse, vous entrez dans le bonheur.
L'Autre: Vous disiez pourtant que le bonheur, c'est de ne rien faire!
L'Un: Ne rien faire peut-être, mais le faire bien, de manière constructive! Tenez, à quoi pensiez-vous avant que j'arrive?
L'Autre: Je... je ne sais plus! Oh et puis de toute manière cela ne vous regarde pas!
L'Un: Non, et vous non plus on dirait. "Ca" a dû aller voir ailleurs s'il y était! Vous voyez?
L'Autre: Voir quoi?
L'Un: Levez les yeux: regardez le bonheur. C'est la perfection que cherche l'Homme dans chacune de ses actions, chaque jour de sa vie et qu'il appelle, dans sa nature excessive de pessimiste insatisfait, avec ignorance, Bonheur.


[Ecriture d'invention qui m'a valu un ravissant 15/16. Moi qui pensais avoir fait un hors sujet, avoir trop blablater, j'étais aux anges. Mais en le retapant jle trouve vraiment pas top et jme dis de plus en plus que mon correcteur était décidément trop indulgent =/ ]




[...And it's all?]

# Posté le vendredi 04 juillet 2008 16:31

Modifié le lundi 06 octobre 2008 06:06