Inaccomplice

Inaccomplice
A n'être qu'un pronom impersonnel,
Je reste un rêve
A naître.




[...And it's all?]

# Posté le dimanche 23 novembre 2008 15:24

Mauvaise pioche

Mauvaise pioche
Il aurait pu tomber à pic, sans sonner à ma porte, sans attendre que je lui ouvre, son 4x4 feulant devant l'allée. Il aurait trainé ses pieds dans le salon, roi gouvernant ces deux valets. Mais hélas, il est tard, trois heures déjà que mon c½ur s'est jeté à travers le carreau, s'abandonnant à la pelouse et à son linceul de trèfles. Le sein que cet abandon déchire, si sage, s'eteint. L'illusion d'un sauvetage luit toujours, dans mon oeil neuf, consolé par le deuil. Ton souvenir me dit: "ce n'est rien". Demain recommencera.


Et l'as, ma dame, c'est mon âme, ce jeu de cartes éparpillés.


[...And it's all?]

# Posté le samedi 15 novembre 2008 14:07

Modifié le vendredi 21 novembre 2008 09:15

L'île aux mouettes.

L'île aux mouettes.
Sur l'horizon flotte l'étendard des terres à conquérir, île-rêve, fantasme moniaque que mon compas pointe.
C
himère, vois, là, mon c½ur à tes pieds.

E
t tu dis vague... vague... vague...

B
rise la glace et le glas du silence, sous les icebergs, dans les épaves, nos souvenirs gelés, les fantômes hivernaux. Sont-ils morts, coulés pour de bon?

E
mmène moi en bateau.

J
e veux boire à flots, m'abreuver aux fontaines, à ton eau.

Nou
er bout à bout les noyades de mes sens, laisser survivre mes doigts naufragés quelque part sur ta peau, où un peu de sel encore m'attendrait.

Allongés sur le pont par les jour de houle, insouciants, inconscients, et les yeux jetés au ciel, mes doigts s'accrocheraient dans une faille du bois, croyant rejoindre ta main calleuse. Aura-t-on l'impression que les nuages s'effondrent?

Je
voudrais fuir les oiseaux qui nous crient "terre, terre!". Ce monde, existe-t-il?

Les
cordes tendues armeraient tes bras d'efforts nécessaires. Sous la grande voile de notre petite embarcation, le vent danserait pour nous, fragmentant le mot de trop, le fin mot de l'histoire, le mot de la fin.

Alors
après ce jour, nous en chercherons chaque étincelle. Car c'est toujours la même vieille histoire, celle d'un garçon qui aimait une fille qui aimait ce garçon... Une histoire-bateau.


On pour
rait peut-être, un peu comme on rêve, se mettre à parler.

"Le ven
t de mer te donne bonne mine.
-Je
te la donne pour écrire si tu veux.
-Mais
je ne connais pas cette histoire!
-Biensû
r que si. Ecris la fin."

Et tu p
rendrais ma main pour y écrire deux mots: "La Fin".


[...And it's all?]

# Posté le mercredi 05 novembre 2008 15:53

Modifié le mercredi 05 novembre 2008 16:04

Souhaiter l'inacceptable.

Souhaiter l'inacceptable.
Le paradoxe de l'orgueil: par sa différence,se sentir supérieur aux autres, tout du moins à part, et dans un même temps, avoir si peu confiance en soi...


Je ne suis qu'un contraste. La différence entre deux points opposés. Et je suis ces deux points. Le blanc et le noir, la rose et le lilas, l'optimisme et le pessimisme. La méfiance et la naïveté, l'indifférence et la sensibilité. La mélancolie et la joie.

Soleil et Lune en un seul être.

J
e suis le crayon et la main qui le tient.

La perpétuelle opposition entre mon cerveau gauche et mon cerveau droit.

Alors j'erre entre les absolus, entre les parentses, sans trouver le point d'équilibre. Les allers et retours vont puis reviennent.

C'est peut-être cela, l'adolescence, la recherche d'identité. Toujours se contredire. Toujours fuir d'un vide à un autre, d'un exs à un autre.


Et si la vie n'est qu'un contraste, celui entre la naissance et la mort...




[...And it's all?]

# Posté le mercredi 29 octobre 2008 17:01

Modifié le mercredi 05 novembre 2008 15:59

Un coeur qui ferait mal, blessure qui ferait vivre.

Un coeur qui ferait mal, blessure qui ferait vivre.
J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère ?

J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
À se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.

J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
À toutes les apparences de la vie
Et de l'amour de toi, le seul
Qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
Et le premier front venu.

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'à être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.


ROBERT DESNOS




[...And it's all?]
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# Posté le lundi 27 octobre 2008 17:57