Sur l'horizon flotte l'étendard des terres à conquérir, île-rêve, fantasme démoniaque que mon compas pointe.
Chimère, vois, là, mon c½ur à tes pieds.
Et tu dis vague... vague... vague...
Brise la glace et le glas du silence, sous les icebergs, dans les épaves, nos souvenirs gelés, les fantômes hivernaux. Sont-ils morts, coulés pour de bon?
Emmène moi en bateau.
Je veux boire à flots, m'abreuver aux fontaines, à ton eau.
Nouer bout à bout les noyades de mes sens, laisser survivre mes doigts naufragés quelque part sur ta peau, où un peu de sel encore m'attendrait.
Allongés sur le pont par les jour de houle, insouciants, inconscients, et les yeux jetés au ciel, mes doigts s'accrocheraient dans une faille du bois, croyant rejoindre ta main calleuse. Aura-t-on l'impression que les nuages s'effondrent?
Je voudrais fuir les oiseaux qui nous crient "terre, terre!". Ce monde, existe-t-il?
Les cordes tendues armeraient tes bras d'efforts nécessaires. Sous la grande voile de notre petite embarcation, le vent danserait pour nous, fragmentant le mot de trop, le fin mot de l'histoire, le mot de la fin.
Alors après ce jour, nous en chercherons chaque étincelle. Car c'est toujours la même vieille histoire, celle d'un garçon qui aimait une fille qui aimait ce garçon... Une histoire-bateau.
On pourrait peut-être, un peu comme on rêve, se mettre à parler.
"Le vent de mer te donne bonne mine.
-Je te la donne pour écrire si tu veux.
-Mais je ne connais pas cette histoire!
-Biensûr que si. Ecris la fin."
Et tu prendrais ma main pour y écrire deux mots: "La Fin".
[...And it's all?]