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Ainsi soit-elle

Ainsi soit-elle
Enfers des dimanches suppliciés, vagues sordides, luisantes et vaines. Absente, mon âme, tu sens le renfermé, odeur de toile d'araignée, odeur de vieux secrets, suaves, séniles, silencieux. Brûlés puis abandonnés sous terre, si loin des mains des autres. Quand reviendront les usurpateurs et les comédiens, les acteurs de ce vieux bonheur râpé?
Vue sur la mer, vue sur ma sirène, beauté lunatique. Je l'aime d'une ranc½ur sans pareil, ce serpent alangui dont le venin est un mensonge. Écailles hypnotiques qui font danser les illusions. Et les ombres chantent la mort des lendemains, dans un grand bûcher sans ardeur, un peu pâle, un feu de joie fatigué d'avoir trop festoyé, trop dévoré.
Glissant avec mollesse dans le bleu, elle disparait et m'appelle, mais son visage, toujours, laisse sa marque à la surface et on dirait un cadavre qui hésite encore, refusant de couler, ne sachant pas flotter.

L'ivresse est de mise, car ce n'est plus de l'eau. Ma sirène, si belle, si morte d'un excès qu'elle adule encore.

Enfant d'un jour pourri.




[...And it's all?]

# Posté le dimanche 07 juin 2009 17:07

Modifié le lundi 08 juin 2009 15:04

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